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Marius AUTRAN
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Hommages rendus à Marius AUTRAN
- à la suite de sa disparition, le 20 janvier 2007 
- allocutions prononcées lors de ses obsèques, le 24 janvier 2007 
- les dernières photos de Marius AUTRAN
- pour le 100e anniversaire de sa naissance, le 2 décembre 2010
- pour le 5e anniversaire de sa disparition, le 20 janvier 2012 

 

 

Marius AUTRAN, mon père, est décédé le samedi 20 janvier 2007 à la clinique Malartic d'Ollioules, à 16 h 40. J'étais présent, seul avec lui, à cet instant d'intense émotion où j'ai pu entendre sa toute dernière respiration. Dès la soirée du 20 janvier, les plus proches parents et amis de Marius AUTRAN sont informés de son décès par téléphone.

Le dimanche 21 janvier, à 7 heures du matin, un grand nombre d'amis et anciens élèves reçoivent le message suivant :

Marius Autran, mon père, s'est éteint le samedi 20 janvier à 16 h 40 à la clinique Malartic d'Ollioules à l'âge de 96 ans. Une fracture du col du fémur avait entraîné son hospitalisation le 3 janvier dernier. Il avait commencé à se remettre de cette épreuve, mais il n'a pas pu surmonter de nouvelles complications intervenues en début de semaine.

Jean-Claude Autran

L'avis de décès suivant paraît le mardi 23 janvier dans Var-Matin :

On aurait pu rajouter que Marius AUTRAN était également :

Président d'honneur de la Société Nautique de la Petite Mer (S.N.P.M.)
Président d'honneur de la Philharmonique « La Seynoise »
Président d'honneur de la section locale des Anciens Combattants de la Résistance (A.N.A.C.R.)
Président d'honneur de la section locale de l'Association Républicaine des Anciens Combattants (A.R.A.C.)
Président d'honneur de l'Office Municipal de l'Action Socio-Éducative (O.M.A.S.E.)

Mais, dès le lundi 22 janvier, grâce au travail et au dévouement de Monsieur Francisque LUMINET, qui prépara au cours de la journée du dimanche un texte à l'intention de la presse locale, la disparition de Marius AUTRAN put être annoncée dans les pages de La Seyne-sur-Mer de Var-Matin et de La Marseillaise. La nouvelle se répandit aussi très vite parmi les Seynois, notamment sur la Place du Marché, dont Marius AUTRAN avait été l'un des habitués pendant des décennies.

Pendant plusieurs jours, de très nombreux amis, voisins, anciens camarades, anciens élèves de Marius AUTRAN vont rendre visite au domicile ou adresser des messages de condoléances à la famille. Voir par ailleurs le détail de ces messages et la liste de toutes les personnes qui ont exprimé leur sympathie.

 

Hommages rendus dans la presse locale et nationale entre les 22 et 25 janvier 2007

Var-Matin, 22 janvier 2007
La Marseillaise, 22 janvier 2007

Les mardi 23 et mercredi 24 janvier, plusieurs autres hommages à Marius AUTRAN snt publiés. L'un dans la presse nationale (L'Humanité), grâce à M. Jacques GIRAULT, historien, professeur à l'Université de Paris 13, qui fut élève de Marius AUTRAN en 1949-1950 au Collège Martini. Les autres dans Var-Matin, avec notamment un texte d'Henri TISOT, comédien, acteur de théâtre et de cinéma, lui aussi ancien élève de Marius AUTRAN (1948-1949), un hommage rendu par l'Amicale des Anciens Élèves de l'Ecole et du Collège Martini, un autre , signé par Jeanne VAÏSSE, Présidente de la section locale des Association Nationale des Anciens Combattants de la Résistance.

Voir Les Archives de L'Humanité : http://www.humanite.fr/journal/2007-01-23/2007-01-23-844491

Fenêtre Sur Seyne, Le magazine de La Seyne-sur-Mer, n° 62, page 14, février 2007


Les obsèques de Marius AUTRAN ont eu lieu le mercredi 24 janvier 2007. Selon ses volontés, clairement exprimées depuis de longues années, son corps fut incinéré à Cuers à 10 h 30, en présence de 9 personnes : M. et Mme Jean-Claude AUTRAN, Mme Odette MEUNIER et son fils Roland, M. et Mme Gilbert MARRO, M. et Mme Christian CIAMPI et M. Jacques GIRAULT.

Une émouvante cérémonie d'adieu eut ensuite lieu à 15 heures, devant l'entrée du cimetière de La Seyne, autour de l'urne funéraire. Cinq allocutions furent successivement prononcées par d'anciens amis, camarades ou élèves de Marius AUTRAN.

M. Francisque LUMINET
Mme Josette VINCENT
M. Gabriel JAUFFRET
M. Jacques GIRAULT (texte de M. Henri TISOT)
M. Jean ARÈSE

(voir ci-dessous les textes de leurs allocutions)

Pour clôturer la cérémonie la philharmonique La Seynoise interpréta, sous la direction de Jean ARÈSE, un andante de Gounod, suivi du chœur des esclaves de Nabucco de Verdi, auquel Marius AUTRAN avait toujours été très sensible.

L'inhumation eut lieu ensuite dans le caveau familial, allée 29 Sud. Également selon les volontés de Marius AUTRAN, l'urne contenant ses cendres fut déposée sur le cercueil de son père Simon AUTRAN, mort en 1962.

 


Textes des cinq allocutions prononcées devant l'entrée du cimetière de La Seyne
lors de la cémémonie des obsèques de Marius AUTRAN, le 24 janvier 2007

 

Allocution de Monsieur Francisque LUMINET

Ancien Premier Adjoint au Maire de La Seyne

 

Marius AUTRAN (02-12-1910/20-01-2007)

• Avant de parcourir, brièvement, près d'un siècle de ce que fut la vie de Marius AUTRAN, vie publique pour une large part, il convient d'avoir une pensée pour la vie personnelle, familiale, faite de malheurs et de bonheur. Une pensée pour l'épouse de Marius AUTRAN (Louise GAUTIER) disparue, pour tous les proches, disparus, de cette famille, et le sentiment de fierté que peuvent nourrir les descendants, en particulier les plus jeunes, à l'égard de celui à qui nous rendons hommage aujourd'hui.

• 2 décembre 1910, 5 rue Philippine DAUMAS à La Seyne, naît Marius AUTRAN ; son père, 23 ans, est matelot mécanicien ; sa mère, Victorine AUBERT, sans profession, est âgée de 20 ans. La Seyne compte 19 800 habitants ; 1910 est l'année de transition entre deux maires de la Seyne : Jean ARMAND, le pharmacien et Jean JUÈS.

• Marius, enfant unique, est élevé dans l'amour et la rigueur de ses parents et grands-parents, dans le respect et la soumission au « maître d'école » qu'il souhaita, très jeune, lui aussi devenir.

• Elève à l'école Martini, puis à l'Ecole Normale d'Instituteurs de Draguignan. Des liens se tissent et se renforcent entre Toussaint MERLE et Marius AUTRAN. A la sortie de l'Ecole Normale, poste d'instituteur pendant 15 jours à Ste-Anne du CASTELLET (comme T. MERLE). Puis le service militaire. Après le service militaire, affectation comme instituteur à MONTMEYAN (Haut Var). C'est là que lui parvient, par radio, le mot d'ordre de grève anti-fasciste du 12 février 1934 : grève républicaine. La période était critique. Rapportons les paroles de Paul PRATALI, jeune copain aujourd'hui âgé de 94 ans de Marius, qui estime que, lors des grèves précédentes de 1933 à Toulon, le père de Marius AUTRAN était certainement le seul cadre de l'Arsenal à participer aux manifestations.

• Puis ce fut la « drôle de guerre » ; Marius AUTRAN est mobilisé, officier au 3e R.I.A. de HYÈRES, puis ce fut NICE, puis le NORD, puis la Haute-Saône, puis la Picardie... avec des mulets face aux blindés allemands...

• La culture le passionnait également. En 1971, bien qu'élue au premier tour face à plusieurs listes adverses (il s'agissait de la première élection depuis 1947 sans la tête de liste T. MERLE disparu, mais avec Ph. GIOVANNINI). La liste n'était pas d'union de la gauche, bien qu'étant d'UNION. En cela, La Seyne était la seule ville de plus de 30 000 habitants sans liste d'union de la gauche. Il fut décidé de réaliser cette union pour les élections municipales de 1977. Des anciens durent se retirer ; démarche douloureuse ; Marius le fit ; pour avoir été l'intermédiaire entre les instances dirigeantes (dont Ph. GIOVANNINI) et celles et ceux invités à « laisser leur place », je dois dire que cela fut effectivement douloureux ; Marius le ressentit mal ; il me l'a dit ; il me l'a écrit ; mais il s'exécuta ; son activité ne tarit pas pour autant ; elle se déploya toujours principalement au service de ses concitoyens.

• D'instituteur, Marius devint professeur (comme T. MERLE) ; Marius se spécialisa dans l'enseignement des sciences naturelles. Il enseigna à l'école MARTINI, au lycée BEAUSSIER, au collège Marie CURIE. Des centaines, pour ne pas dire des milliers de Seynoises et de Seynois ont bénéficié de son enseignement. Je pense que certains d'entre eux apporteront tout à l'heure leur témoignage.

• Je ne fais que citer son immense travail de recherches qui a été nécessaire pour élaborer le bonne dizaine d'ouvrages que Marius a consacrés à sa ville et qui sont des sources extraordinaires.

• Marius AUTRAN fit un long chemin au sein du Parti Communiste Français ; il appartenait à la cellule Georges POLITZER des enseignants de la Seyne. En 1952, lors de l'affaire du « complot des pigeons », il fut recherché ; « complot des pigeons » : bêtes retrouvées dans la voiture de Jacques DUCLOS, et destinées à la marmite familiale ; mais la guerre froide et l'anticommunisme en avaient fait des « porteurs de messages » vers l'ennemi désigné, l'URSS ; Marius AUTRAN était bien caché (et alimenté) dans une campagne du quartier BASTIAN. Il avait été également un formateur au sein du P.C.F.

• La nature : la terre, la mer le passionnaient.

• La curiosité du savoir, le devoir de diffuser le savoir l'animaient.

• La justice sociale, la paix, la liberté, la démocratie étaient ses idéaux.

• Avec la disparition de Marius AUTRAN, La Seyne perd un homme d'honneur et de devoir.

• Avec le respect et l'amitié que nous témoignons à tous ses proches, nous nous inclinons, avec la population, devant l'homme, l'enseignant, l'historien (dont il se défendait d'être), l'ancien combattant, l'évadé, le Résistant, l'élu qu'a été Marius AUTRAN.

Francisque LUMINET


 

Allocution de Madame Josette VINCENT

Adjointe Honoraire

 

La disparition d'un homme, d'une femme, que l'on a bien connu et estimé est difficile à surmonter.

Et quelquefois, ça dépasse la réalité, persuadé que la mort ne peut pas atteindre ceux que l'on aime et que l'on croit invulnérables - tel notre camarade Marius Autran.

C'est le sentiment qui atteint beaucoup de ses amis, de ses proches, devant son départ.

Certes, Marius avait atteint un bel âge, comme l'on dit. Mais il nous avait habitués à sa présence, à ses écrits, et l'on ne pensait pas que cela puisse s'arrêter. Il faisait partie de notre patrimoine.

Il est parti, et les souvenirs se précipitent.

J'ai eu le privilège de le connaître, de l'approcher, et cela avant la guerre. Plus tard, au Conseil Municipal, où nous nous sommes retrouvés de nombreuses années, puisqu'il fut Conseiller Municipal dès 1950, Adjoint au Maire de 1959 à 1977, s'ajoutant à cela sa participation au Conseil Régional où il siégea de 1974 à 1977.

Ses activités municipales furent en grande partie dans le domaine scolaire, en direction des enfants, milieu qu'il connaissait parfaitement, étant un enseignant de grande qualité, défenseur fidèle de l'école laïque.

La Caisse des Ecoles connut un grand essor, ce qui était nécessaire avec l'augmentation de la population. Il s'y investit avec ténacité, aidé en cela par des élus disparus : Alex Peiré, Mme le Dr Dupoyé - à qui nous devons aussi l'Ecole de Plein Air à la Dominante.

Les Colonies de Vacances, surtout, ont retenu toute son attention, conscient que notre population laborieuse, douloureusement marquée par la guerre et les bombardements, n'avait pas les possibilités d'offrir des vacances à leurs enfants. De 1200 à 1500 petits Seynois ont pu connaître les joies de la montagne. Combien d'entre nous s'en souviennent avec reconnaissance et nostalgie !

Et pour nous, les anciens Conseillers municipaux et Adjoints, J. Passaglia, L. Brémond, n'oublierons pas ce camarade ouvert à toute discussion.

Ses camarades de toujours n'oublient pas le Marius Résistant ! Instituteur à La Seyne depuis 1938, profondément attaché aux idées de Justice, toujours prêt à défendre les causes justes.

La guerre de 39 ne le laissa pas indifférent. Mobilisé en Juillet 39, fait prisonnier à Lamotte-Beuvron le 19 Juin 40, il s'évade du camp de Pithiviers le 10 Juillet 40.

Il ne reste pas indifférent à la situation créée suite à l'occupation allemande et participe activement à la reconstitution du Parti Communiste clandestin. Il fut l'un des rédacteurs du journal clandestin « L'Echo Seynois ».

Responsable du Front National (de l'époque !), en collaboration notamment avec son camarade Paul Pratali qui fut, lui aussi, Adjoint au Maire à la municipalité Toussaint Merle.

Ces activités lui valurent d'être arrêté dans sa classe, devant ses élèves, le 17 Mars 42.

Le procès qui suivit, où se trouvait entre autres un Seynois qui deviendra Conseiller Municipal, Louis Meunier, le relaxera, et il reprit sa place dans les rangs de la Résistance, dont l'activité fut d'ailleurs concrétisée par la Croix de Guerre - et surtout la Croix de Combattant Volontaire de la Résistance - ce que sa modestie lui interdisait de mettre en valeur.

Avec Marius Autran, c'est un peu de l'histoire de notre ville qui disparaît et nous sommes tristes - en nous disant, malgré tout, que a vie fut pleine d'espérance, de bonheur et de confiance en l'homme, pour qui il rêvait à un avenir heureux.

Ses leçons, nous ne les oublierons pas.

Son histoire, nous la raconterons, et nul doute qu'elle sera citée en exemple.

A Jean-Claude, son fils, son épouse, ses fils, nos amitiés les plus sincères.

Josette VINCENT


 

Allocution de Monsieur Gabriel JAUFFRET

Premier Adjoint au Maire de La Seyne, ancien élève [1947-1948] de Marius AUTRAN

 

Retenu au chevet de son épouse, le Docteur Arthur PAECHT regrette de ne pouvoir aujourd'hui s'associer à l'hommage rendu à Monsieur Marius AUTRAN, ancien Adjoint au Maire, ancien Conseiller Régional, ancien professeur des écoles, historiographe de notre ville, ancien combattant, ancien résistant. Il a demandé à ce que je le représente avec une délégation du Conseil Municipal.

Nous mesurons ce que fut aujourd'hui le combat de Monsieur Marius AUTRAN, les difficultés auxquelles il a dû faire front comme élu au lendemain de la seconde guerre mondiale dans une ville ravagée par les bombardements et les destructions opérées par l'ennemi.

Ancien élève de l'école normale des instituteurs de Draguignan, il avait été fortement marqué, comme tous ses camarades, par son Directeur Monsieur GILLET, un homme d'une grande austérité, un pédagogue remarquable qui ne transigea jamais avec les valeurs de la République. Je ne puis oublier que je fus son élève en classe de 6ième au Collège Martini en 1946.

Le Collège Martini, qui a traversé les épreuves de la guerre, reçoit alors des élèves qui tous ont été affectés, à des degrés plus ou moins forts, par la guerre qui vient de s'achever. Dénutris pour la plupart en dépit des efforts des parents qui se sont privés pour eux, ils ont connu une scolarité aléatoire rythmée par les bombardements, les évacuations successives.

A cette époque, Monsieur AUTRAN est alors dans la force de l'âge. Rigoureux, intègre, sévère aussi, il a le plus grand respect pour sa fonction d'enseignant qu'il honorera durant toute sa longue carrière.

Austère, mesuré dans ses propos, il est à l'image des derniers hussards de la République qui firent rayonner l'image de l'école laïque dans notre pays.

D'une apparente froideur, il ne tolérait chez ses élèves ni la paresse, ni l'approximation et encore moins l'inexactitude.

Ennemi des bousculades, des jeux violents, il était toujours là pour tempérer, sans éclat de voix, le trop plein de vie de ses élèves.

Je me souviens encore du regard chargé de tendresse qu'il portait souvent sur mon camarade de jeux, aussi mon voisin de banc. Un gamin gracile, aux longs cheveux blonds, aux yeux d'un bleu limpide empreints d'une tristesse qui ne se dissipait jamais.

Comment oublier sa sollicitude, son affection discrète envers ce jeune élève qui fut mon ami.

Il appartenait à une famille juive décimée durant la guerre.

Nous saluons, avec émotion, sa mémoire et présentons à sa famille les condoléances attristées du Docteur Arthur PAECHT et de son Conseil Municipal.

Gabriel Jauffret

 


 

Texte de Monsieur Henri TISOT, comédien, acteur de théâtre et de cinéma, ancien élève [1948-1949] de Marius AUTRAN,

lu par Monsieur Jacques GIRAULT, Historien, Professeur à l'Université de Paris 13, ancien élève [1949-1950] de Marius AUTRAN

 

A Marius Autran, notre maître.

Il est des êtres qui entraînent derrière eux tant et tant de choses lorsqu'ils s'en vont, que c'est bien plus qu'eux-mêmes que l'on enterre. C'est le cas ici en ce qui concerne Marius Autran qui, en nous faussant compagnie, emporte avec lui la mémoire de La Seyne. Fort heureusement, comme il avait, de tout temps, prévu le coup, tout se trouve consigné dans ses livres et sur Internet grâce à Jean-Claude, son fils. Sans cela, l'histoire de La Seyne partirait à la dérive.

Pour le cas où tous les élèves dont je suis moi-même, seraient encore en vie, c'est un drôle de défilé qui devrait suivre sa dépouille. Pour ma part, c'est en pensée depuis Paris que je me mêlerai à vous tous. Responsable à l'époque de ce que l'on appelait la classe de sixième qui vous propulsait dans les classes supérieures qui préparaient au B.P.C, on devenait, en en faisant partie, des nouveaux grands qui faisaient suite aux anciens petits des classes élémentaires. Monsieur Autran était aimé par ses élèves et d'une façon naturelle. Peut-être parce qu'il n'abusait jamais de son autorité et qu'il lui suffisait, lorsque la file se formait pour entrer en classe dans la cour de Martini, d'un simple « allons, allons ! », que j'entends encore, pour que tout entre non pas dans l'ordre, mais plus simplement que nous entrions tous dans le rang. Je n'ai pas le souvenir d'un Monsieur Autran envoyant un élève - terrible affront - chez le directeur, Monsieur Malsert. Monsieur Autran ne déléguait pas, il prenait les choses en mains. Je puis assurer, sans flagornerie aucune, que sans Monsieur Autran, je n'aurais peut-être pas eu le goût comme je l'ai, de me poser des questions sur tout, c'est ce qui me maintiendra vivant jusqu'à ma mort, comme lui qui n'a jamais lâché prise, ayant toujours fait son devoir, tandis qu'il avait incité des générations d'élèves de s'appliquer à faire les leurs.

Merci Monsieur Autran, on ne vous oubliera pas de sitôt, vous avez été un professeur exemplaire dans cette Seyne d'antan, présente dans tous nos cœurs vieillissants.

Henri Tisot.

 

A la suite de la lecture de ce texte, Jacques Girault prononce alors les phrases personnelles suivantes :

Depuis octobre 1949, Monsieur Marius Autran occupe dans ma vie une place essentielle. Il m'a aidé à entrer dans le monde des adultes. Il l'a fait avec une fermeté bienveillante tout en respectant la liberté du jeune, puis de l'homme que j'étais. Il a été mon guide, mon mentor, mon camarade, mon ami.

Adieu maître.


 

Allocution de Monsieur Jean ARÈSE, Président de la Philharmonique La Seynoise, ancien Directeur de l'Ecole Municipale de Musique

avec la participation de la Philharmonique La Seynoise

 

Pour nous Musiciens de « la philharmonique la seynoise », nous vous sommes infiniment reconnaissants d'avoir été notre Président d'Honneur pendant des décennies, mais aussi et surtout de nous avoir offert ce travail remarquable sur notre Société « L'HISTOIRE DE LA PHILHARMONIQUE LA SEYNOISE » ou « CENT CINQUANTE ANS D'ART MUSICAL À LA SEYNE ».

Ce riche document nous a fait honneur et nous pourrons le léguer à nos descendants pour perpétuer cette lignée de musiciens amateurs.

N'avez-vous pas écrit dans ce livre : « HONNEUR À TOUS CEUX QUI ONT PORTÉ LA SEYNOISE AU FAITE DE LA GLOIRE » ?

C'EST À NOTRE TOUR DE VOUS DIRE « HONNEUR À VOUS, MARIUS », pour cette histoire de la Philharmonique.

C'était mon vieil ami. Ces dernières années, mes visites quasi hebdomadaires m'ont permis d'apprécier l'homme honnête, généreux de conviction et de rigueur. Il incarnait les valeurs républicaines laïques que lui avaient transmises ses maîtres qui ignoraient la résignation, la compromission.

Je puis attester qu'il eut une retraite paisible, chez lui, au milieu de ses livres et une fin de vie douce. Soigné par Josiane avec dévouement, qui veillait sur lui pour tous les problèmes matériels. « Comme une fille », disait-il.

À Jean-Claude, son fils « Il n'a jamais fait quelque chose qui m'ait déplu », disait-il, son épouse et à ses cinq petits-fils « Le nom des Autran n'est pas prêt de s'éteindre ! », plaisantait-il, nous témoignons toute notre sympathie. Ils peuvent être fiers d'être les descendants de MARIUS et de MADAME AUTRAN, femme de cœur si attachante.

Nous allons essayer de conclure en musique ce moment plein d'émotions.

Jean et Jacqueline ARÈSE

 




Les dernières photos de Marius AUTRAN

 

Dernière apparition publique de Marius AUTRAN

Le 12 mai 2006, à l'Hôtel de Ville, avec M. Arthur PAECHT, Maire de La Seyne-sur-Mer, lors de la remise de la Médaille de la Ville à M. Gilbert MARRO, Président de la Société Nautique de la Petite Mer (dont Marius AUTRAN était le Président d'Honneur)

Marius AUTRAN, assis au centre, avec sa descendance au complet, le 4 septembre 2005
Debout, de part et d'autre de Marius AUTRAN, Pierre-Olivier AUTRAN et Jean-Victor AUTRAN, ses deux plus jeunes petits-fils
Au dernier plan : Yolande AUTRAN (belle-fille), Jean-Claude AUTRAN (fils), Nicolas AUTRAN (petit-fils) et sa compagne Séverine, Rémy AUTRAN (petit-fils) et son épouse Olga, Jean-Robert AUTRAN (petit-fils)
Marius AUTRAN, le 2 décembre 2006, jour anniversaire de ses 96 ans
avec son vieil ami Paul PRATALI
La toute dernière photo de Marius AUTRAN, avec ses trois plus jeunes petits-enfants
le 1er janvier 2007


A voir également : la biographie de Marius AUTRAN

Le médailler de Marius AUTRAN (ci-après)

Marius AUTRAN était titulaire de 9 distinctions honorifiques : 1 - Croix de Guerre (1939-1945), 2 - Palmes Académiques (officier) ; 3 - Médaille de combattant volontaire de la Résistance ; 4 - Médaille des évadés ; 5 - Médaille des Collectivités Locales ; 6 - Croix du combattant ; 7 - Médaille d'honneur de la Confédération des Musiques de France ; 8 - Palmes Académiques (chevalier) ; 9 - Médaille de l'Association Républicaines des Anciens Combattants ; 11 - Médaille de la Guerre 1939-1945.

NB. La médaille n° 10 est celle de chevalier des Palmes Académiques de Louise Gautier, épouse de MariusAutran ; la n° 12 est la médaille du Maroc (1909) de Louis Gautier, père de Louise Gautier, tué le 25 septembre 1911 dans l'explosion du cuirassé Liberté en rade de Toulon.


Un an plus tard :

Var-Matin, Samedi 19 Janvier 2008
Var-Matin, Dimanche 20 Janvier 2008




Jeudi 2 décembre 2010
Un hommage public a été rendu au cimetière de La Seyne
pour le 100ème anniversaire de la naissance de Marius AUTRAN

Var-Matin, 3 décembre 2010




vendredi 20 janvier 2011  
Un hommage a été rendu dur Facebook
pour le 5ème anniversaire de la disparition de Marius AUTRAN


Jean-Claude Autran : Hommage à Marius AUTRAN
Il y a déjà 5 ans (20 janvier 2007), mon père s’éteignait, à l’aube de ses 97 ans.
Pour lui rendre hommage, venez visiter le site internet que je continue de développer en sa mémoire : http://www.site-marius-autran.com/
Avec notamment le rappel des hommages qui ont été rendus :
- Cérémonie de des obsèques (24 janvier 2007) : http://seynoise.free.fr/documents_divers/deces_marius_autran.html
- Inauguration de la « traverse Marius Autran » et des « Archives Marius Autran » : http://seynoise.free.fr/documents_divers/hommage_marius_autran.html
- Mes conférences « Marius Autran, une vie » : http://seynoise.free.fr/activites_depuis_2004/marius_autran_une_vie.html

M-claude Paganelli, Nathalie Bertrand, André Touvier et 3 autres personnes aiment ça.

Henri Ribot : Une bonne partie de ma vie s'est contruite avec le soutien de Marius Autran. Ce fut lui qui, dès ma classe de 6ème m'incita à me lancer dans des recherches dans le ravin du Destel, point de départ d'une vie qui aura l'histoire et le patrimoine comme mamelles. Plus tard, je l'ai côtoyé, en même temps que Toussaint Merle lorsque nous nous sommes retrouvés professeurs à Curie. Que de discussions entre nous ! enfin, arrivé à l'âge mûr, je l'ai souvent retrouvé à lors de réunions, de colloques, de manifestations où nous avons échangé nos idées sur l'histoire. Pour moi, Marius Autran est resté et restera à jamais le "Monsieur Autran" de mon enfance et de mon adolescence.
vendredi, à 08:37

André Touvier : Très bel hommage pour un Homme qui le mérite bien tant il a compté et compte encore pour ses engagements, ses travaux, son goût pour le partage de la connaissance.
vendredi, à 09:49

Serge Malcor : J'ai eu le plaisir de connaître Marius Autran à la fois en tant que voisin, papa de mon ami "Claudet", client du garage de mon père et surtout en tant que professeur au collège Martini. C'est lui qui m'appris à aimer ma ville de La Seyne mais aussi Six Fours, ses collines et surtout la péninsule de Sicié. J'ai eu également l'honneur d'humblement participer à l'inventaire sous marin de notre littoral grâce à quelques photos. Son oeuvre, réactualisée par les travaux de son fils, restera une pièce maitresse pour le patrimoine de notre ville.
vendredi, à 10:54

Henri Ribot : Bravo, Serge !
vendredi, à 12:44

Henri Ribot : Et bravo Jean-Claude ! continue à maintenir la mémoire de ton père et poursuit la quête de ses écrits. Il doit bien en rester d'inédits quelque part. Et pourquoi pas un colloque autour de Marius Autran ? et des Mélanges offerts à sa mémoire ? La ville pourrait participer à la mise en place et à l'édition.
samedi, à 09:44



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