La
Seyne-sur-Mer (Var)
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Seyne-sur-Mer (Var)
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Archives familiales
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L'herbier
de Jean-Claude AUTRAN
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Introduction.
C'est
au cours de l'année scolaire de sixième
(1954-1955) que j'ai été initié
à la botanique. Il faut dire que c'était mon
père, Marius Autran, qui
enseignait alors (entre autres) les sciences naturelles aux classes de
sixième moderne du collège Martini.
Je me souviens de la toute
première sortie botanique, un samedi après-midi
de mai 1955, sur les
chemins de Donicarde et des Quatre-Moulins, où, avec ma
classe de
sixième, j'avais récolté mes
premières plantes en fleurs dont mon père
nous avait donné les noms français et
expliqué les propriétés. Ces
plantes, mises à sécher, puis collées
sur des demi-feuilles de papier à
dessin, avaient constitué le début de mon premier
herbier. Cet herbier
rudimentaire, je l'avais ensuite complété avec
des plantes trouvées
dans notre propriété du quartier Bastian, puis au
cours de nos vacances
d'été (1955 : Ardèche ; 1956 : Marne
et Vosges ; 1957 : Isère ; 1958 :
Auvergne, etc.).
D'autre
part, pour identifier
les plantes, je ne disposais à l'époque que de la
vieille flore noir et
blanc de
G. Bonnier et de G. de Layens, celle que mon père utilisait
déjà à
l'Ecole Normale d'Instituteurs de Draguignan en 1928. Ce qui
n'était
déjà pas mal car grâce à ce
seul ouvrage, si on
le possédait bien, on pouvait acquérir des bases
solides sur la
morphologie des plantes et sur le principe des clés de
détermination.
En
1958, à 14 ans, j'entre à la
Société des Sciences Naturelles de Toulon
et du Var (SSNTV), je participe à quelques sorties quelques
sorties au
cours desquelles, même sur des thèmes
d'archéologie ou de
géologie, on rencontre toujours des plantes et l'on parle
toujours plus
ou moins de botanique. J'ai pu ainsi côtoyer le grand
botaniste
toulonnais que fut Léon Mercurin.
En 1962, j'acquiers un ouvrage
un peu plus professionnel, dans laquelle les espèces
françaises sont
numérotées de 1 à 4217 : « Les quatre flores de France » de P.
Fournier, paru en 1961.
En
1963, j'entre
en classe d'Agro au Lycée Thiers à Marseille et,
avec le professeur
Jacques Tachoire, j'étudie les plantes de
façon plus
approfondie,
morphologie, anatomie, physiologie, systématique, etc. et,
en 1965, à
l'écrit du
concours de l'Ecole Normale Supérieure de la rue d'Ulm
j'obtiens un
17/20 à l'épreuve de Sciences
Naturelles et une très bonne note à l'oral
à l'épreuve de détermination
des plantes (bien qu'il s'était agi de plantes de la
région parisienne
que je n'avais encore jamais vues...). [Ces bonnes notes en Sciences
Naturelles ne suffirent cependant pas à me faire entrer à l'Ecole
Normale...].
A l'occasion de
promenades, il m'arrive alors encore de récolter des plantes
et de
procéder à quelques adjonctions à mon
vieil herbier. Mais j'en suis
encore à coller mes plantes sur des demi-feuilles de papier
à dessin,
à utiliser les noms français, et tout mon herbier
(environ 375 plantes,
provenant en grande partie de
la région méditerranéenne) tient
encore (et mal classé) dans 7
boites à chaussures...
En
1972, alors que je travaille
à Paris et que, depuis plusieurs années, je n'ai
guère pris le temps de
m'occuper de botanique, mon attention est attirée au cours
de
promenades par la flore des environs de Paris. Je réalise
qu'un grand
nombre d'espèces me sont inconnues et je me lance dans leur
collecte et
leur détermination. En juin 1973, lors de l'obtention de mon
Doctorat
ès-Sciences Naturelles,
mes collègues de travail m'offrent en cadeau la
célèbre Flore
de
l'Abbé
Coste
en 3 volumes. C'est alors un nouveau départ pour mon
herbier. Mais il
me faut passer à un mode de présentation et
d'étiquetage davantage
professionnels. A la célèbre maison
Boubée je fais l'acquisition de
tout le matériel nécessaire : planches 45 x 28 cm,
couvertures, cartons,
étiquettes, loupes, boite à botanique, etc. Et je
transfère les
plantes de mon ancien herbier dans ces nouvelle planches, avec cette
fois un étiquetage comportant les noms latins et
fondé sur les flores de P.
Fournier et de l'abbé Coste. Pendant les
années qui suivent, mon herbier va croître
très rapidement, passant de
400 à 1000 espèces entre 1971 et 1976.
En, 1974,
je suis sollicité par l'Office Municipal de la Culture et
des Arts de
La Seyne pour publier dans la revue Etraves, un article
sur la
végétation de la presqu'île de
Sicié. Ce que je fais, en me bornant en
fait à résumer et simplifier
un article du professeur
René
Molinier, paru en 1956, et en y ajoutant quelques
dénominations
provençales des plantes de la région.
A
partir de 1977, et pendant plus de
vingt ans, résidant alors à cette
époque à Montpellier, mon herbier va
encore croître régulièrement avec des
plantes des garrigues du
Languedoc et des massifs montagneux environnants. D'environ 1000
espèces en 1977, mon herbier va dépasser les 1650
espèces en l'an 2000.
Simultanément,
je me
lance dans la macro photographie des fleurs, leur
présentation en albums à thèmes
(plantes méditerranéennes, plantes
alpines, plantes des prés et des champs, etc.). Egalement,
à partir de
1986, je
commence à entrer les données de la flore
française, plus spécialement
celles de mon herbier, en informatique. Je
retiens finalement (vers 1991) le logiciel FileMaker Pro pour
gérer (rechercher,
classer, trier) les familles,
les genres, les espèces ; les noms latins,
français, vulgaires,
provençaux ; les caractéristiques des plantes
(taille, couleur des
fleurs, habitat, altitude, stations, propriétés,
etc.) ; leur
photographie numérisée, etc.
En 1990, j'acquiers,
dès
sa parution, la
réédition de la grande flore en couleur de Gaston
Bonnier, ouvrage
remarquable
où pour la première fois sont
présentées la totalité des
espèces
françaises, en couleur, vues en entier (et pas seulement une
feuille,
ou une
inflorescence, ou un pétale, comme dans les flores noir et
blanc
précédemment citées).
Au printemps 2001,
grâce à un stage de botanique
méditerranéenne à Montpellier
encadré par
d'excellents spécialistes, mon herbier fait un nouveau bond
de 65
espèces supplémentaires. Ensuite, le nombre
d'espèces de mon herbier ne
va plus guère
s'accroître que de quelques unités par an. Il
atteint les 1760 espèces
en 2009 et les 1805 à la fin de l'année 2011.
Il faut cependant préciser que, sur ces 1805 espèces, seulement 1667
sont des plantes autochtones ou naturalisées en France depuis
des siècles. Les autres (138 espèces) - dont les
numéros sont suivis de "bis", "ter", "quarto", etc. - sont des
espèces généralement exotiques, ornementales, qui
n'ont été rajoutées à la flore de la France
que durant ces dernières décennies.
La gestion informatique de l'herbier
Grâce
au logiciel que j'ai retenu (FileMaker Pro), j'ai constitué
une
base de données 'herbier.fmp' contenant les principaux
éléments de description de chaque plante que je
possède dans ma collection : nom latin, nom
français,
noms vulgaires, noms provençaux, type (arbre, arbuste,
plante
vivace, annuelle, etc.), taille (mini, maxi), époque de
floraison, couleur des fleurs, habitat, région botanique,
altitude (mini, maxi), fréquence en France ou dans certaines
régions (très commun, commun, rare,
très rare,
etc.), stations (lieux où j'ai personnellement noté la
présence de la plante), propriétés
(comestible,
toxique, ornementale, etc.), étymologie du nom, description détaillée,
photographie, etc.
Ces différentes rubriques ont
été en grande partie renseignées
à partir
des flores de Fournier et de Bonnier, éventuellement
complétées d'observations personnelles.
Voici d'ailleurs un exemple de fiche, parmi les 1805 que compte
aujourd'hui (fin 2011) ma base de données.
L'intérêt
de cette gestion informatique réside dans la
possibilité
de pouvoir "interroger" le fichier, permettant :
- de vérifier si une plante est déjà
ou non présente dans la collection
- d'avoir en permanence le décompte exact de l'herbier, ou
des plantes d'une famille ou d'un genre donné
-
de rechercher les plantes répondant à un
critère
donné, et d'en imprimer la liste : plantes à
fleurs
bleues ; plantes de la forêt de Janas ; plantes annuelles ;
plantes fleurissant en février-mars, etc.
- de
répondre à des questions sur plusieurs
critères
simultanés. Exemple : quels sont les arbustes - communs - de
la
garrigue - méditerranéenne - à fleurs
blanches -
de plus de 1,50 m ?
(réponses : Myrte commun, Arbousier
Unedo, Filaire à feuilles étroites, Filaire
à
larges feuilles, Viorne Laurier-tin)
Egalement, le logiciel
permet de trier l'ensemble des fiches, ou un sous-ensemble, en fonction
de l'un ou l'autre des critères :
- Par numéros
- Par familles
- Par ordre alphabétique des noms latins
- Par la taille de la plante
- etc.
Les possibilités d'utilisation sont infinies. Avec des
réponses obtenues instantanément.
Il
aurait donc été intéressant de mettre
en ligne sur
internet l'ensemble travail accompli, en conservant les
fonctionnalités de recherche ou de tri des
données.
Cependant,
le logiciel FileMaker est avant tout un outil de gestion personnelle
des données et son utilisation en réseau, version
beaucoup plus coûteuse, aurait nécessiterait
d'avoir un
ordinateur disponible 24 heures sur 24 utilisé comme serveur.
Nous
nous sommes donc limités à la mise en ligne de
notre base
de données 'herbier' sous forme de listes contenant la
majeure
partie des rubriques de description des plantes (18 critères
retenus, d'où des tableaux à 18 colonnes).
Chaque
ligne correspond à une espèce de plante, la
numérotation de l'espèce étant celle
de la flore
de P. Fournier qui en comporte 4217 pour la France. Mais notre herbier
n'en contient que 1800.
Comme un fichier comportant un seul
tableau de plus de 1800 lignes est assez lourd à gérer,
nous
l'avons scindé en 11 parties, correspondant aux 11 classeurs
dans lesquels les plantes de notre herbier sont rangées :
| Numéro du classeur |
Numéros des
espèces |
Nombre d'espèces
collectées |
Principales familles |
| I |
1-453 |
161 |
LYCOPODIACÉES,
ÉQUISÉTACÉES,
POLYPODIACÉES,
ABIÉTACÉES,
GRAMINACÉES |
| II |
454-999 |
183 |
CYPÉRACÉES,
JONCACÉES,
LILIACÉES,
AMARYLLIDACÉES,
IRIDACÉES,
ORCHIDACÉES |
| III |
1000-1302 |
157 |
FAGACÉES, SALICACÉES,
POLYGONACÉES, CHÉNOPODIACÉES,
EUPHORBIACÉES |
| IV |
1303-1891 |
201 |
CARYOPHYLLACÉES,
RENONCULACÉES,
PAPAVÉRACÉES, CRUCIFÈRES |
| V |
1892-2237bis |
153 |
CISTACÉES, VIOLACÉES,
HYPÉRICACÉES, CRASSULACÉES,
SAXIFRAGACÉES, ROSACÉES |
| VI |
2237ter-2559ter |
147 |
LÉGUMINEUSES
(MIMOSOÏDÉES,
CÉSALPINIOÏDÉES,
PAPILIONACÉES) |
| VII |
2560-2921bis |
168 |
ŒNOTHÉRACÉES,
MALVACÉES, LINACÉES,
GÉRANIACÉES,
RUTACÉES, ACÉRACÉES,
OMBELLIFÈRES
(APIACÉES) |
| VIII |
2922-3299bis |
170 |
ÉRICACÉES,
PRIMULACÉES, CONVOLVULACÉES,
BORRAGINACÉES,
SOLANACÉES, SCROFULARIACÉES |
| IX |
3300-3633 |
189 |
OROBANCHACÉES,
LABIÉES, PLANTAGINACÉES, GENTIANACÉES,
OLÉACÉES, RUBIACÉES,
CAPRIFOLIACÉES |
| X |
3634-3972 |
156 |
VALÉRIANACÉES,
DIPSACACÉES, CUCURBITACÉES,
CAMPANULACÉES,
COMPOSÉES (ASTÉRACÉES) |
| XI |
3973-4217 |
118 |
COMPOSÉES
(ASTÉRACÉES), COMPOSÉES
(CHICORACÉES) |
|
|
|
|
| Total |
1-4217 |
1805 |
|
Chaque fichier comporte également, à titre d'exemple, quelques photos de planches originales de notre herbier.
Pour
examiner le contenu de chaque fichier, ou aller à une famille particulière, cliquer sur le lien bleu
souligné correspondant. Le symbole

vous
ramènera ensuite ici.
Ces documents ne sont certainement pas exempts d'erreurs. Je rappelle
que je ne suis qu'un modeste amateur. Je
reste sur mes
bases d'adolescent et de lycéen. Je n'ai pas de certificat
de botanique
de l'Université. Je me limite aux espèces
nommées et décrites dans les
flores « historiques » de G. Bonnier, de
l'abbé Coste et de P. Fournier.
Voir également les pages illustrées de nombreuses
photos sur la
Végétation
de la Forêt de Janas et au Massif du Cap Sicié
Jean-Claude Autran
Décembre 2011